
La plaine de Vaucouleurs se raconte
Une plaine de légendes, de vignes disparues et de millions d'années d'histoire.
- Les légendes de Charles Martel et de Charlemagne
- Près de deux mille ans de culture de la vigne
- Des fossiles attribués à un mégalosaure découverts en 1881
30 min
L'histoire, en quelques mots
Bonjour, randonneurs… Approchez… et prenez le temps de regarder autour de vous. Vous venez d’entrer dans ma plaine légendaire. Je suis la plaine de Vaucouleurs… une vaste étendue de terres qui, depuis des siècles, regarde passer les hommes, les armées… et même, dit-on, quelques personnages célèbres. Alors laissez-moi vous raconter mon histoire. Tout commence au VIIIᵉ siècle… À cette époque, de l’autre côté des Pyrénées, les armées omeyyades venues de Damas ont traversé la péninsule Ibérique et remontent vers le nord. En 719, elles atteignent le Languedoc. Quelques années plus tard, en 732, Charles Martel, le grand-père de Charlemagne, leur barre la route lors de la célèbre bataille de Poitiers. L'histoire raconte qu'après cette défaite, certains de ces cavaliers venus d'Orient auraient repris le chemin du Midi… et auraient traversé nos contrées. Alors, sont-ils vraiment passés par ici ? Difficile de l'affirmer… Et c'est justement là que commence la légende. Car on raconte également que Charlemagne lui-même aurait foulé ces terres. Mais l'Histoire, elle, reste beaucoup plus prudente : aucune preuve ne permet aujourd'hui d'affirmer sa présence ici. Quelques années plus tard, en 759, son père, Pépin le Bref, reprend Narbonne. Alors, Charlemagne est-il réellement venu jusqu'à moi ? Je vous laisse en décider… Mais avouez que c'est une belle histoire à raconter en chemin ! Et pourtant, mon histoire ne se résume pas aux batailles et aux légendes. Je suis aussi une terre de travail et de culture. Pendant près de deux mille ans, la vigne a occupé une place importante dans mes paysages. Depuis l'arrivée des Romains jusqu'au XIXᵉ siècle, mes terres ont connu un véritable âge d'or viticole. Ici, le paysage était découpé en nombreuses parcelles, appartenant à différents propriétaires et désignées sous le nom de fiefs. Certains noms ont traversé le temps : Le fief du Pain Perdu… le fief des Durand… le fief du Grand Pinaudard… le fief de Poirata… Des noms qui peuvent aujourd'hui sembler mystérieux, mais qui racontent une époque où chaque morceau de terre avait son histoire, son propriétaire et parfois même sa réputation. Puis, au XIXᵉ siècle, tout va basculer. Le développement des échanges internationaux fait arriver en Europe des plants de vigne venus d’outre-Atlantique. Avec eux arrivent aussi des maladies jusqu’alors inconnues ici… l’oïdium… puis surtout le phylloxéra. En quelques années, les vignes sont ravagées. La crise bouleverse profondément la viticulture française et européenne. Mais moi, je suis toujours là. Et je ne suis pas seule. Depuis toujours, mon voisin veille sur moi… le bois du Châtelet. Ensemble, nous avons connu bien des changements. Nous avons vu la mer recouvrir ces terres, bien avant que les hommes ne viennent y planter leurs vignes. Et nous avons même vu passer… des dinosaures ! Eh oui ! En 1881, des restes attribués à un mégalosaure ont été découverts dans les environs. Cet impressionnant prédateur parcourait notre région il y a environ 190 millions d’années. Alors, imaginez un instant… Avant les vignes, avant les fiefs, avant les hommes et leurs histoires de batailles… il y avait ici un tout autre monde. La mer… des paysages aujourd'hui disparus… et des dinosaures qui, eux, ne se préoccupaient certainement pas de savoir à qui appartenaient les terres ! Alors, lorsque vous traverserez ma plaine, regardez-la autrement. Sous vos pieds se cachent des millions d'années d'histoire. Dans mes chemins résonnent encore les noms des anciens fiefs. Dans mes paysages demeure le souvenir des vignes. Et quelque part entre l'Histoire et la légende, peut-être qu'un cavalier venu d'Orient… ou même un mystérieux Charlemagne… a un jour traversé ma plaine. Moi, je ne vous dirai pas lequel. Je préfère garder une petite part de mystère… Car après tout, une plaine qui a connu la mer, les dinosaures, les vignerons et les légendes mérite bien quelques secrets. Bonne promenade, randonneurs… et prenez le temps de m’écouter. Je suis la plaine de Vaucouleurs… et j’ai encore beaucoup d’histoires à vous raconter.
Paysage à découvrir librement depuis les chemins de randonnée.
Avez-vous bien écouté ?
3 petites questions sur le récit et l'audio — sans faute pour gagner le badge « Expert du lieu » !


