
La Vélodyssée et ses sculptures
Une galerie à ciel ouvert taillée dans la pierre calcaire, au fil de la piste cyclable.
- Six sculptures taillées à même la roche
- Jeu d'observation idéal en famille
- À découvrir à pied ou à vélo
20 à 30 min
- Vélo
L'histoire, en quelques mots
Ah, la Vélodyssée… Quel drôle de destin que le mien ! Je suis ce long ruban de 1 300 kilomètres qui longe l'Atlantique, de la Bretagne jusqu'au Pays basque. Sur mon dos, j'ai vu passer bien des cyclistes : des sportifs venus relever un défi entre amis, des familles parties à l'aventure, des solitaires en quête de liberté… et beaucoup, simplement, qui prennent le temps de rencontrer la nature et les paysages qui m'entourent.
Je suis née en 2012, à une époque où de nombreuses anciennes voies ferrées secondaires, délaissées par les trains, étaient peu à peu reconverties. Ces anciennes voies ont offert aux hommes un formidable héritage : un long ruban traversant les territoires, reliant les villes et les villages autrement. Depuis, je n'ai cessé de grandir : des centaines de milliers de cyclotouristes m'empruntent chaque année. En 2013, j'ai même été distinguée « meilleure véloroute européenne de l'année », puis reconnue en 2017 comme itinéraire vélo de référence.
Pour séduire mes visiteurs, je dois être belle, accueillante, donner envie de ralentir, de regarder autour de soi, de faire une pause. Et surtout, je dois offrir ce que les trains ne pouvaient plus donner : le temps de découvrir. À Saint-Agnant, un sculpteur local a choisi de m'accompagner à sa manière. Il a installé, le long de mon chemin, tout un petit monde de pierre qui raconte l'âme de cette région.
Voici d'abord Pierre Loti, le célèbre marin et écrivain rochefortais, grand voyageur devant l'éternel. Puis quelques-uns des symboles qui font rêver les visiteurs de Charente-Maritime : la cigogne, familière de nos paysages, et bien sûr le Fort Boyard. Un peu plus loin, vous pourriez croiser un étrange personnage : un garde, grandeur nature, comme échappé d'un autre temps. Il veille sur les lieux et rappelle la présence, autrefois, des châteaux et des seigneuries de Saintonge, à l'époque de Richard Cœur de Lion, fils d'Aliénor d'Aquitaine.
Et puis, il y a une dame à la coquille. Elle rappelle que nous sommes sur l'ancien trait de côte du golfe de Saintonge, où l'on trouvait des coquillages. Sa coquille dit aussi que ces chemins ne sont pas seulement faits pour les cyclistes : depuis des siècles, les routes de notre région voient passer des voyageurs, des pèlerins et des hommes en quête d'un ailleurs. Elle évoque le grand chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, qui a marqué durablement notre patrimoine et nos paysages.
Alors oui, je suis une véloroute. Mais à Saint-Agnant, je suis bien plus que cela : je suis devenue un chemin de rencontres, où l'on pédale, bien sûr, mais où l'on peut aussi s'arrêter, regarder, écouter et imaginer. Car c'est peut-être cela, mon véritable destin : faire oublier, le temps d'un voyage, que l'on est simplement en train d'aller quelque part. Et vous savez quoi ? C'est exactement ce que j'aime.
Le long de mon tracé, la roche calcaire s'est mise à raconter des histoires. Ici, pas de musée, pas de vitrine : les sculptures naissent directement dans la falaise et dans les blocs abandonnés au bord du chemin, là où la pierre de pays affleure encore.
On croise d'abord une dame à la coquille, silhouette blanche et pleine, coquille Saint-Jacques posée contre elle comme un souvenir de pèlerinage. Un peu plus loin, un livre de pierre ouvert : sur la page de gauche, un héron guette dans les roseaux du marais ; sur celle de droite, un damier évoque les claires et les carrelets du littoral.
Puis les visages apparaissent. Un vieil homme barbu émerge du mur, tresse de pierre au menton. Une chouette aux grands yeux ronds veille dans sa niche, sentinelle des nuits du marais. Un chevalier en cotte de mailles, écu au lion, semble monter la garde depuis le Moyen Âge — clin d'œil aux seigneurs qui contrôlaient jadis les chemins du sel. Et enfin, un visage souriant, une petite maison et une main ouverte : bienvenue, disent-ils, à qui passe par là.
Plus bas, presque au ras du sol, un chat de pierre dort roulé en boule à côté d'un petit personnage rieur — il faut se pencher pour les découvrir.
La mousse et le lierre gagnent doucement les reliefs. C'est là toute leur beauté : ces œuvres ne luttent pas contre le temps, elles s'y installent. Roulez lentement, regardez les murs — beaucoup passent sans rien voir.
« Personne ne les compte jamais pareil : chacun revient avec un nombre de sculptures différent. »
Le long de la piste cyclable de la Vélodyssée. Parcours plat, à faire à pied ou à vélo ; les sculptures sont visibles à droite comme à gauche du chemin, souvent dissimulées par la végétation.
En images








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