Saint-Agnant — Patrimoine & balades
Le marais de Saint-Agnant
PatrimoineVous y êtes
NatureMoyen Âge – XVIIIe siècle

Le marais de Saint-Agnant

D'un golfe marin au blanc or de la Saintonge, puis au refuge des oiseaux.

Itinéraire
À voir en un coup d'œil
  • Ancien golfe de Saintonge
  • Le blanc or et l'âge d'or d'Aliénor d'Aquitaine
  • Œillets et levées encore lisibles dans le paysage
Accessibilité
  • Vélo

L'histoire, en quelques mots

Écouter l'histoire

Bienvenue, vous qui aimez la nature… Je suis ce qui reste des anciens marais salants de Saint-Agnant.

Aujourd'hui, je suis un refuge pour la faune et la flore, un paysage paisible où les oiseaux trouvent gîte et nourriture. Mais pour comprendre qui je suis, il faut remonter très loin dans le temps…

Il y a plusieurs milliers d'années, j'étais une vaste étendue d'eau salée : le golfe de Saintonge. Mes eaux baignaient les rivages de Saint-Nazaire, de Saint-Agnant, de Villeneuve et de Saint-Jean-d'Angle. Les hauteurs de Beaugeay, Marennes, Hiers, Saint-Sornin ou Broue formaient alors de véritables îles. On ne s'y rendait qu'en barque. Romains, Gallo-Romains puis Mérovingiens naviguèrent sur mes eaux, faisant de moi une voie naturelle entre l'océan et les terres de Saintonge.

Puis, lentement, la nature transforma mon visage. La Charente, la Seudre et même la lointaine Garonne déposèrent, siècle après siècle, leurs limons et cette argile que l'on appelle ici la terre de bri. Peu à peu, le fond du golfe s'éleva. La mer se retira, laissant apparaître des vasières, des chenaux et de vastes étendues de terres nouvelles.

Les hommes comprirent aussitôt la richesse de ce paysage naissant. Ils aménagèrent des digues, creusèrent des canaux et créèrent des salines. Sous l'action du soleil, du vent et du savoir-faire des paludiers naquit un trésor : le blanc or de la Saintonge.

Dès le Moyen Âge, mes marais devinrent une véritable richesse. Seigneurs, abbayes et prieurés se disputaient leur possession. Sous le règne d'Aliénor d'Aquitaine et de son fils Richard, je connus mon âge d'or. Le prieuré voisin administra une grande partie des salines. Chaque œillet était entretenu avec soin, chaque récolte faisait vivre des familles entières. Chargé sur des bateaux, le sel quittait mes rivages pour approvisionner les ports du royaume et parfois des contrées bien plus lointaines.

Autour de moi, toute une société s'organisait. Les seigneurs possédaient les terres, les religieux en dirigeaient l'exploitation, tandis que les paludiers entretenaient les bassins avec un savoir transmis de génération en génération. En retour, chacun versait sa part : la dîme à l'Église, la gabelle sur le sel et les impôts au roi. Le sel nourrissait les hommes… mais aussi les finances du royaume.

Puis vinrent les temps difficiles. Les guerres de Religion perturbèrent le commerce. Les ports déclinèrent et les salines furent peu à peu abandonnées. Sans entretien, certaines digues cédèrent et les eaux envahirent les anciens bassins. On parla alors de marais gâts. Les hommes se tournèrent progressivement vers une autre vocation plus agricole : les salines furent transformées en prairies et en terres cultivées où l'on élevait le bétail et cultivait céréales et fèves.

Aujourd'hui, je ne produis plus le sel qui fit autrefois ma renommée. Pourtant, regardez attentivement… Les levées de terre, les fossés, les anciens canaux et le dessin des œillets sont encore visibles. Ils racontent des siècles d'efforts et d'ingéniosité.

Désormais, la nature a repris ses droits. Les oiseaux migrateurs, les hérons, les aigrettes, les cigognes et bien d'autres espèces ont fait de moi leur refuge. Je suis devenu un écrin de biodiversité autant qu'un livre d'histoire à ciel ouvert.

Alors, avant de poursuivre votre promenade, prenez un instant pour écouter le vent… Il vous racontera peut-être, à sa manière, comment un immense golfe marin est devenu l'un des plus beaux marais de Saintonge.

« Le sel nourrissait les hommes… mais aussi les finances du royaume. »
Visite

Sentiers balisés accessibles librement, à pied ou à vélo.

En images

Roseaux à contre-jour au-dessus d'un canal du marais
Le marais à contre-jour, entre roseaux et miroirs d'eau.
Marais inondé à l'aube en hiver
Un matin d'hiver : le marais retrouve ses reflets.
Chemin blanc longeant un canal, vaches au pâturage
Chemin blanc, canal et troupeau : le marais au printemps, à pied ou à vélo.
Vaches normandes pâturant derrière les roseaux
Le pâturage extensif entretient les prairies humides.
Deux cygnes sur un canal du marais
Cygnes dans un chenal : le marais, refuge de l'avifaune.
Touffes d'herbes émergeant de l'eau du marais
Les touradons émergent des eaux hivernales.
Vanne de pierre et passerelle au-dessus d'un canal
Une vanne de pierre, clé de la gestion de l'eau.
Vaches au pâturage en bordure de marais à la fin de l'été
Fin d'été : les prairies sèchent, le bétail reste.
Vache derrière une barrière de bois dans les hautes herbes
Barrières de bois et hautes herbes, décor familier du marais.
Vue aérienne des marais de Saint-Agnant
L'immensité du marais vue du ciel.
Poursuivez la balade

Le Sentier des Marais

Respirer, observer, ralentir au fil de l'eau.

1h303,8 kmFacile
Suivre ce circuit