
Les Moulins de Saint-Agnant
Des sentinelles de pierre tournées vers le ciel, les marais et l'océan.
- Moulins-tours en pierre locale à toiture mobile
- Saint-Saturnin, Caffaudières, Chevrotine, Lombraud, Carlot, Chaumes
- Droit de banalité des seigneurs de Montierneuf
30 min
- Vélo
L'histoire, en quelques mots
Depuis des siècles, les moulins de Saint-Agnant dominent les paysages, tournés vers le ciel, les marais et l'océan. Aujourd'hui leurs ailes se sont tues, mais leurs pierres racontent encore l'histoire d'un village qui vivait au rythme du vent.
Bien avant la vapeur, l'électricité ou le pétrole, les hommes avaient compris que le vent et l'eau pouvaient devenir de précieux alliés. Ainsi naquirent les premiers moulins, véritables grandes machines de leur époque : le vent faisait tourner les ailes, tandis que l'eau entraînait les roues des moulins installés le long des cours d'eau. Au fil des siècles, ils se multiplièrent en Saintonge — ici, face aux vents venus de l'Atlantique, les conditions étaient idéales pour moudre les céréales qui nourrissaient les habitants.
Beaucoup appartenaient aux seigneurs du prieuré de Montierneuf, qui exerçaient leur autorité sur une grande partie du territoire. Les habitants devaient venir y faire moudre leur grain et s'acquitter d'une redevance appelée droit de banalité, source de revenus pour le seigneur.
À Saint-Agnant, ils étaient nombreux. Dressés sur les anciennes hauteurs qui dominaient autrefois le golfe de Saintonge, ils formaient une véritable chaîne de sentinelles de pierre. Lorsque le soleil se levait sur les marais, les ailes du moulin Saint-Saturnin répondaient déjà à celles du moulin des Caffaudières. Plus loin, le moulin de la Chevrotine captait les premiers souffles venus de l'océan, tandis que les moulins de Lombraud, du Carlot et des Chaumes animaient à leur tour l'horizon.
C'étaient des moulins-tours, bâtis en pierre locale et coiffés d'une toiture mobile qui permettait d'orienter les ailes face aux vents de l'Atlantique. À leurs pieds vivaient les familles des meuniers, dont le métier exigeait patience, habileté et une parfaite connaissance des caprices du vent.
Les jours de bonne brise, les cultivateurs arrivaient avec leurs sacs de blé, de froment ou d'orge. Les lourdes meules entraient alors en mouvement, transformant lentement le grain en farine. Pendant l'attente, on échangeait les nouvelles du village, on parlait des récoltes, du temps, des marais et de la vie quotidienne. Les moulins étaient bien plus que des machines : c'étaient des lieux de travail, de rencontres et de partage.
Des moulins à eau existaient également sur la paroisse. Construits dès le Moyen Âge sur les cours d'eau, ils complétaient le travail des moulins à vent lorsque la brise venait à manquer. Aujourd'hui, ils ont presque totalement disparu et seuls quelques passionnés savent encore retrouver leurs traces.
Puis les siècles ont passé. Les nouvelles énergies remplacèrent peu à peu la force du vent. Beaucoup de moulins furent abandonnés : les ailes démontées, les mécanismes vendus ou détruits, les charpentes disparues. Il ne resta souvent que les solides tours de pierre, témoins silencieux d'un temps où le vent faisait battre le cœur de toute une campagne. Pendant la Seconde Guerre mondiale, certains furent même utilisés comme postes d'observation ou de défense, profitant de leur position dominante sur les marais et les terres environnantes.
Mais l'histoire ne s'est pas arrêtée là. Des hommes et des femmes passionnés, attachés à la mémoire de leur village, ont refusé de les laisser disparaître. Par amour du patrimoine, ils ont entrepris de les restaurer, de les entretenir et de préserver leurs vieilles pierres. Grâce à eux, les moulins ont retrouvé une nouvelle jeunesse : ils ne produisent plus de farine, mais continuent de transmettre l'histoire des meuniers, des habitants et d'un village qui a longtemps vécu au rythme du vent.
« Pendant la Seconde Guerre mondiale, certains moulins servirent de postes d'observation, leur position dominante offrant une vue imprenable sur les marais. »
Les tours se découvrent depuis les chemins et les routes de campagne ; plusieurs sont des propriétés privées, à admirer depuis l'extérieur.
En images





L'Énigme du Prieuré
Un jeu de piste pour transformer les enfants en explorateurs.
Autres lieux de ce secteur

La Fontaine de Roule-Étron
Cinq siècles de mémoire, un nom mystérieux et une renaissance signée Raymond Pinaud.

Le Pigeonnier de Moustierneuf
Dix-sept mètres de fierté seigneuriale, dressés depuis 1513 et relevés en 2002.

Le Prieuré Saint-Sauveur de Moustierneuf
Mille ans d'histoire, du sel des marais aux guerres de Religion.

La Porterie du Prieuré
La porte fortifiée voulue par Bertrand Daugeraud, verrou du domaine de Moustierneuf.


