
La Fontaine de Roule-Étron
Cinq siècles de mémoire, un nom mystérieux et une renaissance signée Raymond Pinaud.
- Plus de cinq siècles d'histoire (XVe – XVIe s.)
- Croix issue des débris de l'église de Saint-Sornin, au pont de la Bridoire
- Restaurée dans les années 1990 par Raymond Pinaud, MOF
Circuit des fontaines, 17620 Saint-Agnant
15 min
- Vélo
L'histoire, en quelques mots
« Bonjour, voyageur ! Je suis la fontaine de Roule-Étron… même si beaucoup me connaissent aujourd'hui sous le nom de Roule-Tronc. »
Je fais partie des plus anciennes fontaines rurales de Saint-Agnant. Depuis plus de cinq siècles, j'observe les saisons se succéder, et les générations défiler. Les historiens pensent que je suis née entre le XVe et le XVIe siècle, à une période où les marais salants tout proches déclinaient. C'est aussi l'époque où une nouvelle église allait devenir ma voisine.
Mon nom ne manque jamais de surprendre les visiteurs. Pendant des siècles, on m'a appelée Roule-Étron, comme l'attestent les recherches historiques. Aujourd'hui, les panneaux du circuit touristique me présentent sous le nom de Roule-Tronc, une appellation plus récente, sans doute jugée plus flatteuse. Pourtant, mon véritable nom est bien Roule-Étron, celui que m'ont transmis les siècles.
Pourquoi un nom aussi étrange ? Personne ne peut l'affirmer avec certitude. Autrefois, le mot étron désignait un excrément, mais, dans la toponymie, il pouvait aussi évoquer une eau boueuse, une source malodorante ou un terrain marécageux, comme les zones humides que l'on appelait ici les marais gâts. Quant au verbe rouler, il fait peut-être référence au mouvement de mon eau dû au relief des lieux. Mon nom conserve donc une part de mystère… et c'est sans doute ce qui fait aussi mon identité.
Le temps, hélas, ne m'a pas toujours ménagée. Durant de longues années, j'ai été oubliée, envahie par les ronces et la végétation, jusqu'à presque disparaître sous leur emprise. Puis, dans les années 1990, un homme m'a offert une seconde jeunesse. Raymond Pinaud, Meilleur Ouvrier de France et passionné par le patrimoine communal, m'a patiemment restaurée, pierre après pierre. L'on raconte que la croix qui me surplombe viendrait des débris de l'église de Saint-Sornin qui se situait au pont de la Bridoire. Cette croix est gravée au sigle de Jésus-Christ ; un cœur frappé de trois flèches y figure également. J'ai ainsi retrouvé l'allure que vous découvrez aujourd'hui. Je lui dois une grande part de ma renaissance.
À présent, je suis fière de figurer sur le circuit des fontaines de Saint-Agnant, aux côtés de mes compagnes Charles, Charlemagne et du Merzaud. Ensemble, nous racontons une époque où les fontaines étaient le cœur de la vie du village : on y venait chercher l'eau, échanger les nouvelles et partager un moment de convivialité.
Avant de poursuivre votre promenade, prenez le temps d'observer mes pierres. Elles ont traversé plus de cinq siècles d'histoire et gardent encore bien des secrets. Comme l'écrivait l'historien Jacques Duguet dans son étude Les fontaines à légendes de la commune de Saint-Agnant : « Une des dernières à avoir été restaurée est la fontaine de Roule-Étron, au nom significatif… »
Merci de votre visite. En poursuivant votre chemin, emportez avec vous un peu de ma mémoire… et, qui sait, peut-être trouverez-vous un jour la véritable origine de mon mystérieux nom.
« Son nom d'origine, Roule-Étron, a été discrètement transformé en Roule-Tronc sur les panneaux touristiques… mais les archives ne s'y trompent pas. »
Accessible librement toute l'année, sur le circuit des fontaines.
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