
L'église Notre-Dame-de-Bon-Secours
L'église du village, née en 1656 des cendres de Saint-Saturnin.
- Autorisée en 1656, bénie en 1669
- Porte du tabernacle et cloche « Marie » venues de Saint-Saturnin
- Chérubins, Jeanne d'Arc et tableau de l'Assomption
Place de l'Église, 17620 Saint-Agnant
25 min
- PMR
- Vélo
L'histoire, en quelques mots
Bienvenue à vous, amis du patrimoine… Avant de franchir mon seuil, prenez le temps de regarder mes pierres. Car mon histoire ne commence pas en 1656… Elle commence bien plus tôt, dans les siècles de tourments qu'ont traversés les habitants de Saint-Agnant.
Pendant des générations, ils sont venus prier dans l'ancienne église Saint-Saturnin, que l'on appelait aussi Saint-Sornin. Elle était le cœur spirituel du village : le lieu des baptêmes, des mariages, des grandes fêtes religieuses, mais aussi celui où l'on accompagnait les siens lors des derniers moments de leur vie.
Mais cette vieille église a traversé des périodes difficiles. Durant la guerre de Cent Ans, entre le XIVᵉ et le XVᵉ siècle, la Saintonge fut touchée par les affrontements entre les royaumes de France et d'Angleterre. Les campagnes furent fragilisées, les populations éprouvées et de nombreux villages durent vivre dans l'inquiétude. Quelques décennies plus tard, les guerres de Religion, au XVIᵉ siècle, apportèrent de nouvelles blessures. Les tensions entre catholiques et protestants touchèrent profondément la Saintonge, dont Saint-Agnant faisait partie.
Pour les habitants, perdre leur église aurait signifié bien davantage que perdre un simple bâtiment : c'était perdre un lieu de rassemblement, un repère, un espace où la communauté pouvait continuer à vivre sa foi malgré les épreuves. Alors, malgré les difficultés, ils continuèrent à faire vivre leur sanctuaire.
Le temps passa… L'ancienne église Saint-Saturnin devint peu à peu trop éloignée, fort endommagée, et ne permettait plus d'accueillir les fidèles dans de bonnes conditions. C'est dans ce contexte qu'un nouveau projet vit le jour, porté par le prieur de Moustierneuf et le curé Blanchet. En 1656, l'évêque de Bassompierre autorisa la construction d'une nouvelle église dédiée à Notre-Dame-de-Bon-Secours. Après plusieurs années de travaux, je fus achevée et bénie en 1669 par le curé Jouade.
Regardez ma façade… Elle témoigne de cette époque où l'on voulait reconstruire, embellir et redonner confiance. Mes lignes sobres, mes pilastres, mes frontons et ma niche accueillant la Vierge à l'Enfant rappellent la volonté de créer un nouveau lieu de rassemblement.
Mais ma naissance ne signifiait pas l'oubli de Saint-Saturnin. Les écrits du curé La Treille, entre 1714 et 1740, racontent cette période où il fallut décider du devenir de l'ancien sanctuaire. En 1715, face à son état de dégradation, il demande que l'accès en soit interdit. Cette décision provoque une vive opposition parmi les habitants, soutenus par le seigneur du Carlot et le sieur Barbier de Vouillay. Pour eux, abandonner Saint-Saturnin, c'était tourner une page douloureuse de leur histoire. Le 5 avril 1716, lors du transfert du tabernacle, plusieurs habitants tentent encore de s'y opposer : dans la bousculade, le tabernacle tombe au sol et se brise entièrement.
Approchez maintenant du chœur… Un précieux témoin a traversé les siècles : la porte du tabernacle provenant de l'ancienne église Saint-Saturnin, telle que l'a décrite le curé La Treille. La cloche « Marie », qui sonnait les rassemblements à Saint-Saturnin, l'accompagne. D'autres éléments semblent également en provenir, comme ces petits visages ailés : les chérubins. Dans la tradition biblique, ils symbolisent la présence divine, la sagesse et la protection des lieux sacrés. Ils sont aujourd'hui les gardiens silencieux d'une mémoire ancienne.
Au fil des siècles, d'autres figures sont venues enrichir mon histoire : Jeanne d'Arc, symbole de courage et de résistance, et Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont la simplicité spirituelle a marqué le XXᵉ siècle. Mon grand tableau de l'Assomption de la Vierge rappelle enfin la dévotion mariale qui a accompagné ma naissance.
Lorsque vous quitterez mes murs, souvenez-vous… Je ne suis pas seulement une église construite au XVIIᵉ siècle. Je suis la continuité d'une histoire commencée bien plus tôt. Je porte la mémoire des habitants qui ont prié ici, de ceux qui ont résisté aux épreuves, de ceux qui ont voulu transmettre leur patrimoine. Saint-Saturnin n'a pas disparu… Une partie de son âme continue de vivre en moi. À Saint-Agnant, les pierres ont une mémoire… Merci d'avoir écouté la mienne.
« Le 5 avril 1716, en pleine bousculade, le tabernacle transféré depuis Saint-Saturnin tomba au sol et se brisa entièrement. »
Entrée libre aux heures d'ouverture.
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